Le Progrès

6 heures Ultra Boucle de la Sarra (2e édition).

Yohann Metay, le vanneur vanné.

Publié le 19/05/2014.

Le Caluirard, auteur et interprête du one man show « La tragédie du dossard 512 », a enfilé ses deux casquettes d’humoriste et de coureur à pied pour un défi « 6h de course, 6h d’impro ». Cela ne pouvait se passer qu’à La Sarra…

Le Progrès
Yohann Metay dans les 563 marches de la montée Nicolas de Lange. Photo Maxime Jegat.

Le type est à poil dans un harnais en cuir où il a juste attaché deux feuilles de vigne. Après avoir reçu le témoin, il sprinte comme un furieux, droit dans la descente de l’ancienne piste de ski de Lyon. Bienvenue à l’Ultra boucle de La Sarra dont c’était la deuxième édition la nuit dernière.

Cette course est une blague à elle toute seule. Nulle part ailleurs, n’existe une telle épreuve consistant à tourner en rond sur une boucle de 2 040 m constituée d’une descente à pic sur l’herbe et d’une remontée dans un escalier de 563 marches (90 m de dénivelé positif et négatif à chaque tour) ! «C’est débile comme effort», résume un participant.

Imaginé par le facétieux coureur lyonnais Arthur Baldur, le concept invite à la déraison. Un groupe – le Crewstache – participe à sa manière pour la bonne cause (plus de 1 700 euros au profit de l’association Enfants et santé). A chaque rotation un gage idiot : courir à l’envers, avec un parpaing, une tête de cerf, en costume de superman ou bien avec un bandeau sur les yeux…

Et puis il y a Yohann Metay. Son défi à lui : « 6h de course, 6h d’impro ». Un thème donné par les spectateurs, un tour pour cogiter et une « vanne » au bout. Par exemple, parti avec le thème de la « moustache », il rapplique douze minutes plus tard : « Pourquoi les amateurs de bière sont-ils toujours sales ? Parce que la mousse tache. » Et de reprendre sa route un peu honteux…

Pas étonnant de le trouver là. Humour et course à pied, c’est son métier. Depuis trois ans, le comique installé à Caluire tourne avec son one man show « La tragédie du dossard 512 » dans lequel il interprète un participant de l’Ultra trail du Mont-Blanc à la dérive. Quatre autres spectacles figurent à son répertoire, mais c’est la « Tragédie » qui remplit le plus ses salles, sans doute parce que ce n’est pas un rôle de composition.

16 tours en 4h06 et le dos en compote

Dans une ancienne vie, Yohann Metay a été professeur d’EPS à Haubourdin dans la banlieue lilloise. C’est là-bas qu’en 2006, un collègue lui parle de l’UTMB. A l’époque, il passe plus de temps avec la ligue d’impro qu’à bosser sa foulée : « J’avais fait du 400 m, du 1 500 m, du triathlon, mais le sport me gonflait, raconte-t-il. J’avais pris du bide. Et là, les images de cette course sont directement allées taper le cerveau. C’était l’aventure à vivre. » Il mettra plus de 40 heures pour en finir avec les 160 km autour du Mont-Blanc mais il en reviendra transformé : « ça change ta vie, dit-il. C’est devenu une part de mon identité. » Et une planche de salut quand il quitte l’Éducation Nationale deux ans plus tard. « Je travaillais sur un spectacle sur la quête de l’identité. Une amie m’a dit : ‘‘tu devrais l’ancrer dans le concret. Pourquoi pas avec ton truc autour du Mont-Blanc.’’ La première version était très théâtrale, mais je n’ai pas assumé. Je l’ai refaite pour les 25 ans du club de trail de mon père à Airvault (Deux-Sèvres). À la fin, mes grands-parents m’ont dit qu’ils avaient bien rigolé et tout compris. »

Pas besoin en effet d’avoir couru le marathon pour succomber : « La souffrance, c’est universel, dit-il. Le sketch sur la complainte du foie fait marrer grâce au jeu. C’est curieux. Je croyais mon spectacle sur la quête de l’amour JH cherche JF plus grand public. Mais c’est la Tragédie qui embarque le plus les gens. On verra combien de temps. »

Il rêve d’en faire un film dont il a déjà le titre : « Le très très grand tour de la très grosse montagne ». En attendant, il va le jouer tous les jours du 4 au 27 juillet au Festival d’Avignon (20h10 au théâtre de l’Observance). Un sacré marathon. Mais il tient la forme. Même si c’était pour la blague et qu’il a dû s’arrêter au bout de 4h06 le dos en compote, il a quand même bouclé 16 tours hier soir, soit 33,1 kilomètres…

Forestieri bat le record

Quelques mots et Florian Racinet s’est excusé : « Désolé, il faut que j’aille m’assoir, je suis complètement cuit. » Déjà vainqueur de la première édition en 2013, le coureur de l’Ain est allé au bout de lui-même pour réaliser l’objectif qu’il s’était fixé au départ : s’imposer en allant au-delà des 30 tours (et donc des 60km) alors qu’il s’était arrêté à 29 tours il y a un an (59,1km). Pari tenu avec 31 boucles en 6 heures, soit 63,2km (2790m D+). « On est parti sur des bases trop élevées, regrettait-il. Arnaud Bremont (qui a ensuite abandonné, ndlr) m’a fait courir beaucoup trop vite pendant 2 heures et je l’ai payé ensuite. J’ai dû serrer les dents. C’est une course qui se joue dans la tête… C’est vraiment un défi à la con. » Le vainqueur de l’édition 2013 ne croyait pas si bien dire. Car un peu plus tard, on apprenait que la victoire revenait en fait à Alexandre Forestieri. Le coureur de Saint-Tropez qui avait deux tours de retard, a refait son retard dans la dernière heure de course pour s’imposer avec quatre minutes d’avance, record en prime. Chez les femmes, la victoire revient comme l’an dernier à Martine Volay avec 26 tours.

Un article de Benjamin Steen.

L’article : 6 heures Ultra Boucle de la Sarra (2e édition). Yohann Metay, le vanneur vanné.


6 heures Ultra BOUCLE DE LA SARRA (départ 17 heures).

Record à battre : 16327 marches…

Publié le 16/05/2014.

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Un concurrent de l’édition 2013 dans les marches de la montée Nicolas de Lange. Photo BenjaminSteen.

Elle monte, elle monte l’Ultra boucle de La Sarra. Lancée l’an dernier, sur une idée farfelue du coureur lyonnais Arthur Baldur (Jean-François Cuinet de son vrai nom) qui a aussi commis la LyonSaintéLyon, la course horaire la plus déjantée de la région double quasiment sa participation pour sa deuxième édition. Une centaine de solos et une cinquantaine d’équipes de trois se lanceront ce samedi soir sur la mini-boucle de 2,1 km tracée sur la colline de Fourvière (descente de la piste de La Sarra et remontée par les 653 marches de l’escalier Nicolas-de-Lange). Objectif : couvrir la plus grande distance possible en six heures. Vainqueur l’an dernier en ayant totalisé 29 tours (59,7 km, 16 327 marches et 2 610 m de dénivelé positif) revient cette année, tout comme la tenante du titre Martine Volay (25 tours). Par équipes, le record de Petersen/Brémond/Godin est de 38 tours…

Un article de Benjamin Steen.

L’article : 6 heures Ultra BOUCLE DE LA SARRA (départ 17 heures). Record à battre : 16327 marches…


150 hamsters-coureurs sur la colline

Publié le 05/05/2013.

75 solos et 25 équipes de trois coureurs ont expérimenté hier à Lyon le concept unique au monde des 6 heures de l’Ultra Boucle de La Sarra sur un parcours de 2 km pour 90m de dénivelé positif tracé à Fourvière. Abrutissant, traumatisant mais absolument réjouissant !

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Un concurrent de l’Ultra Boucle de La Sarra dans la montée Nicolas-de-Lange. Photo Benjamin Steen

A deux pas de la basilique de Fourvière, six sonneurs soufflent dans des cors des Alpes au sommet de la montée Nicolas-de-Lange rebaptisée le « Col de l’Ange ». Plus bas dans les escaliers, ce sont des clarines qu’on agite aux oreilles de coureurs à bout de souffle. Jamais le flot ne s’épuise. Et pour cause, les participants à cette curieuse procession tournent en rond. Cécile Bertin, unique tricolore à avoir accompli les courses des « 4 déserts » (Atacama, Gobi, Sahara, Antarctique) en une seule année en 2012, passe avec un sourire de dépit : « C’est vraiment un truc à la con », lâche-t-elle. Il fait encore jour et elle n’est pas au bout de ses peines.

Les touristes arrivés là par hasard hallucinent aussi. Ce qui se passe sous leurs yeux n’a, il est vrai, aucun équivalent. On connaissait les courses horaires réputées les moins « funky » de l’athlétisme. Certaines atteignent les 48h sur des circuits plats et de 300m à 1km de long. On connaissait aussi les trails en ville qui fleurissent partout sur le modèle du Lyon urban trail. L’Ultra Boucle de La Sarra (UBS), dont c’était hier soir à Lyon la première édition, se situe au croisement des deux. Soit une épreuve de 6 heures en semi-nocturne (16h30-22h30) sur un circuit de 2040m comprenant la descente d’une piste de VTT (300m à 20 % de moyenne sur de l’herbe) suivie d’une montée en escaliers de 563 marches. Bonjour les cuisses !

À l’origine de cette folie, le facétieux Jean-François Cuinet. Plus connu dans la communauté des coureurs régionaux sous le pseudo d’Arthur Baldur, cet informaticien lyonnais de 48 ans s’est mis à la course en 2004 pour arrêter de fumer. « J’ai commencé par faire du VTT, mais j’avais du mal à y aller le soir, raconte-t-il. Ma femme m’a dit d’aller courir. Elle s’en mord les doigts. » C’est peu dire qu’il a pris le virus. A son actif, des milliers de kilomètres (dont un UTMB terminé) et la paternité de la LyonSaintéLyon off (138km le jour de la SaintéLyon officielle).

L’idée de l’UBS lui trottait dans la tête depuis six ans. « Une course VTT de nuit avait eu lieu en 2007 sur le même circuit en sens inverse », rappelle-t-il. « J’aime toutes les courses, mais ce qui me fait marrer, c’est les trucs un peu fous. Initialement, je voulais faire un 24 heures… » Mais avec un budget de 5000 euros, équilibré la semaine dernière, le risque d’en être de sa poche était trop important sur un format si extrême…

Grâce à un plan com’habile, et en rameutant tous ses potes (« environ 25 % des participants ») Cuinet peut s’estimer heureux du succès avec 75 solos et 25 équipes de trois (en relais). Même sur 6 heures « seulement », il y a eu de quoi se faire mal, tandis qu’à chaque passage sur la ligne il est si tentant de stopper le calvaire : « Au bout de 3 heures, cela a commencé à être vraiment dur, expliquait le physiologiste Pierre Sallet qui a disputé la course en relais. C’est un super-exercice mental et physique. »

Florian Racinet confirme. Favori, il l’a emporté sans surprise, mais le traileur (41 ans) de Pérouges (Ain) a dû serrer les dents. « Je viens du VTT de descente, racontait-il. J’ai passé ma jeunesse ici. Je me suis dit qu’il fallait absolument revenir à l’occasion de cette course. Du coup, j’ai découvert un truc inclassable avec une super-ambiance. J’ai rapidement enlevé mes écouteurs puisqu’on n’est jamais seul. Mais j’ai vraiment souffert à cause de la descente. Entre 3h et 5h, j’ai même cru que je n’irai pas au bout. Heureusement, la dernière heure s’est mieux passée. La récupération va être dure. Heureusement, j’ai deux semaines de vacances… »

En totalisant 29 tours, il établit un record haut perché, équivalent à 59,7km et 2610m de dénivelé positif cumulé…

Résultats – Hommes : 1. Florian Racinet 29 tours. Femmes : 1. Martine Volay 25 tours. Relais : 1. Petersen/Brémont/Godin 38 tours. Records du tour – Solo : Saffiotti 8’45’’ ; Relais : Petersen 7’59’’.

Un article de Benjamin Steen.

L’article : 150 hamsters-coureurs sur la colline


L’incroyable « Ultra Boucle de La Sarra » devient réalité

Publié le 03/10/2012.

Le Progrès
Jean-François Cuinet (3e en partant de la gauche) va lancer une nouvelle épreuve Photo Maxime Jegat

Après avoir créé la Lyon-SaintéLyon off (138km), une nouvelle folie imaginée par le coureur de grand fond Jean-François Cuinet va voir le jour en 2013. Le 4 mai, le coureur de grand fond lyonnais lancera la première édition de son « Ultra boucle de La Sarra ». Cette épreuve unique en son genre proposera à ses participants de parcourir en 6 heures la plus grande distance
possible sur un circuit de deux kilomètres (70m D + ; 70m D-) dessinée sur la colline de Fourvière à Lyon. Les concurrents auront à gravir en semi-nocturne (départ à 16 heures) les 563 marches de la Montée Nicolas-de-Lange avant de redescendre par la descente sur herbe de La Sarra. Par rapport au projet initial qui prévoyait une course de 24 heures, l’organisateur et son club (Lyon
ultra run) ont dû réduire la voilure. Mais temporairement seulement : « On va se contenter d’un 6h pour la première pour des raisons logistiques, mais l’idée reste de faire un 24h, explique-t-il. Cela aura un côté panache (sic) vraiment intéressant. Mais cela nécessitera plus de structures et de logistique. » Pour l’édition inaugurale, entre 100 et 200 participants sont espérés.

Un article de Benjamin Steen.

L’article : L’incroyable « Ultra Boucle de La Sarra » devient réalité


Bientôt les 24h à La Sarra ?

Publié le 02/04/2012.

L’ancienne piste de ski de La Sarra, qui constitue l’un des plus beaux spots du LUT, pourrait accueillir dès l’année prochaine une course de 24 heures appelée l’ « Ultra boucle de La Sarra ». A l’origine de ce projet, le truculent coureur lyonnais Jean-François Cuinet qui s’est déjà illustré en créant la Lyon-SaintéLyon.

Un article de Benjamin Steen.

L’article : Bientôt les 24h à La Sarra ?

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